

Nous étions nombreux devant la reproduction de la grotte de Lourdes, dans les jardins du Vatican, samedi 30 mai en fin d’après-midi, pour prier le Rosaire avec le Pape Léon XIV aux intentions de la paix. Des sanctuaires marials de divers continents – tels que Medjugorje, Czestochowa, Fatima ou encore Lorette… – étaient interconnectés pour permettre à tous se s’unir à cette grande intercession. J’ai traduit pour vous en français les paroles prononcées par le Saint-Père en conclusion de ce temps de recueillement, vécu dans une dimension eschatologique, à la lumière du soleil couchant :
« J’écouterai ce que dit Dieu, le Seigneur : il annonce la paix à son peuple, à ses fidèles, à ceux qui reviennent vers lui avec confiance » (Ps 85, 9). Les paroles de ce psaume accompagnent bien notre prière du Rosaire ce soir, car elles expriment l’espérance dont nous avons besoin, surtout face aux difficultés et aux violences de notre temps.
Disposons donc notre cœur à l’écoute de la Parole de Dieu, afin que, dans la prière, nous puissions comprendre le sens de ce qui se passe dans l’histoire, en reconnaissant la providence de Dieu qui la guide et nous secourt toujours. La Vierge Marie est le modèle du croyant, qui tend l’oreille de son cœur pour écouter « ce que dit Dieu ». Elle nous sert d’exemple par son obéissance, qui accueille l’incarnation du Fils de Dieu dans son sein.
Contempler avec Marie les mystères du Rosaire nous conduit à reconnaître en Jésus-Christ la seule et définitive Parole que le Père a prononcée, Parole de paix pour tous ceux qui reviennent vers Lui avec un cœur repentant. Le Seigneur ne nous abandonne jamais, même lorsque nous l’oublions, même lorsque nous nous égarons, Il vient nous chercher et se fait proche avec l’amour de toujours. Comme le rappelle le prophète Isaïe : « Je mets sur les lèvres : paix, paix à ceux qui sont loin et à ceux qui sont près » (Is 57, 19). Celui qui a confiance en Dieu comprend cette annonce de paix et en devient l’artisan, la construisant de ses propres mains (cf. Mt 5, 9).
La paix, en effet, n’est pas une théorie à vérifier en laboratoire, ni une illusion naïve, ni une affaire à gérer par intérêt. Lorsqu’on la recherche avec un cœur sincère, elle est plutôt un engagement quotidien de notre vie : elle jaillit de la justice et de l’amour, comme une harmonie qui unit les personnes, les familles, les communautés, les peuples. Même en cette période de tensions et de conflits, la paix devient possible quand on veut écouter le cri de ceux qui en sont privés : des enfants innocents, des mères et des pères angoissés, des prisonniers maltraités, des réfugiés, des personnes souffrantes de tous âges. Tous ont sur les lèvres un seul mot : paix !
Nous le savons : la paix est toujours possible car elle est un don de Dieu. Cette paix, sa paix, a le visage de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui, par sa vie donnée pour nous, a réconcilié le ciel et la terre. Comme l’écrit l’apôtre Paul : « Il est notre paix » (Ep 2, 14) : Celui qui abat les murs de l’inimitié, qui vainc l’arrogance par l’humilité et rachète toute la création du péché.
Lorsque le Seigneur Jésus est avec nous et que nous nous comportons en véritables disciples de son amour, alors l’Esprit Saint peut accomplir ce qui semble humainement impossible. En revanche, lorsque l’on s’éloigne de Dieu, on s’éloigne aussi de l’homme, de notre prochain, en restant indifférent à sa douleur. Chaque fois que nous revenons vers le Seigneur, sa paix devient notre engagement, selon les tâches et les responsabilités de chacun.
Notre prière devient ainsi mission et prophétie : il ne devra plus y avoir de pleurs d’innocents dans nos villes ; personne ne devra fuir son foyer sous la menace des bombes ; la soif de pouvoir et la violence des mots céderont la place à la soif de justice et de vérité. Mais chacun peut et doit apporter sa contribution, en commençant par de petites choses qui comptent, en s’abstenant de toute violence verbale ou physique, dans la vie de tous les jours et aussi sur les réseaux sociaux.
Chers frères et sœurs, la paix véritable naît dans un cœur qui aime ; elle se manifeste par des lèvres qui prononcent des paroles de réconciliation ; elle se reflète dans des yeux qui regardent le monde avec douceur et sagesse. Telle est la véritable force, la force de la vérité et de l’amour.
Dieu cherche des artisans de paix ! Que notre Très Sainte Mère nous aide à lui répondre chaque jour par notre « me voici », non pas en paroles mais par des actes.
