

Entretien avec le Père Christian Venard, directeur de la communication du diocèse de Monaco.
Père Christian Venard, quels sont les sentiments des habitants de Monaco en ces jours qui précèdent la visite papale si longtemps attendue, comment décrire « l’âme » de la Principauté à la veille de cet événement historique?
Le premier sentiment qui domine c’est une immense joie : le Successeur de saint Pierre, le Pape, ici à Monaco ! Il y a aussi eu au départ une pointe d’incrédulité : est-ce possible ? Les habitants de Monaco sont très reconnaissants envers le Prince Albert II leur souverain d’avoir invité avec succès et pape et très fiers que Léon XIV ait choisi Monaco comme première destination de ses voyages apostoliques (on rappelle que le voyage en Turquie et au Liban était déjà prévu du temps du pape François). Cette grande joie, se mêle aussi d’excitation et d’humilité face à tout le travail à accomplir pour accueillir dignement le Souverain Pontife.
Depuis quand un Pape n’était pas venu à Monaco et que représente le Saint-Siège, historiquement, pour la Principauté?
En fait aucun pape régnant n’est jamais venu à Monaco. Il y a bien eu au moyen âge le passage d’un pape (en 1538, le pape Paul III), puis la dépouille du pape Pie VI décédé en France en 1799, sur la route vers Rome, a été veillée une nuit par les Monégasques. Ce sera donc la première visite officielle d’un pape en terre monégasque ! La visite apostolique du Pape Léon XIV à Monaco constitue donc un moment historique hautement révélateur. La Principauté présente en effet la particularité de cumuler deux caractéristiques : depuis ses origines, la relation constante et privilégiée de la dynastie régnante des Grimaldi avec le Saint-Siège, consolidée de surcroît par deux concordats (1886 et 1982), et l’inscription dans la Constitution du catholicisme comme religion de l’État (art. 9). Enfin, notons que depuis sa création, le diocèse de Monaco (élevé au rang d’archidiocèse par le saint pape Jean-Paul II en 1981) relève directement du Saint-Siège, et n’appartient donc à aucune conférence épiscopale.
La cathédrale où le Pape Léon XIV va se rendre est consacrée à l’Immaculée Conception. Quelle est plus largement la relation qu’entretient Monaco avec la Vierge Marie?
La religiosité monégasque est un subtil condensé de piété populaire marquée par les traditions du comté de Nice, de la Ligurie toute proche, de la France bien sûr aussi, dans laquelle la place de la Vierge Marie est très importante. De manière très concrète, nous fêtons ici solennellement en effet l’Immaculée Conception, non seulement parce que notre cathédrale lui est dédiée, mais parce que le 8 décembre, fête de précepte en Principauté, a lieu aussi la très belle procession. sur le Rocher, en application du vœu du prince Honoré II, par laquelle les Monégasques rendent grâce à la Vierge Marie d’avoir protégé Monaco de la peste en 1631.
En ces heures dramatiques au Moyen-Orient, est-ce que le diocèse de Monaco se mobilise pour la paix, à travers la prière du chapelet par exemple ?
Bien sûr chacune des cinq paroisses du diocèse prie pour la paix par différentes actions, et en particulier au cours des messes. Rendez-vous compte, tous les week-end dans notre petit diocèse, une quarantaine de messes sont célébrées ! Plus encore, si j’ose dire, la Caritas Monaco, la Lieutenance des Chevaliers du Saint-Sépulcre, l’Oeuvre d’Orient-Monaco se mobilisent pour apporter une aide concrète à nos frères chrétiens orientaux.
Qu’attendez-vous de ce voyage apostolique du Saint-Père à Monaco ?
Comme tous les catholiques (mais sans doute beaucoup d’autres encore) à travers le monde nous attendons les paroles du pape, ses enseignements, afin qu’il nous consolide dans la foi, dans l’espérance, et dans la charité. A cet égard ce voyage, comme tous les voyages du pape a forcément une dimension universelle, renforcée sans doute par ce que représente Monaco à l’échelon international. L’Église de Monaco attend aussi du pape qu’il nous renouvelle dans notre élan missionnaire, dans notre désir de vivre avec le Christ et de le faire connaître à tous !
Propos recueillis par François Vayne